Ils sont partis à quarante de Nantes vers la Gascogne pour un séjour « Seniors en vacances » du 18 au 25 septembre 2021. En route vers le sud avec aux commandes du car, Thierry. Reportage.

 

La semaine s’annonçait bien grise et humide, après le voyage sous la grande pluie ; mais, signe de la chance, notre arrivée au village club « le Relais du Moulin Neuf » à Barbaste, fut accueillie sous un ciel dégagé. Nous étions bien dans le sud de l’hexagone ! Après notre installation dans nos chambres respectives, nous sommes invités au cocktail de bienvenue par l’équipe bien sympathique et dévouée du centre.
Le lendemain matin, nous faisons la connaissance d’un personnage dégingandé, d’apparence un peu loufoque, à l’accent gascon bien entretenu, aux gestes généreux : Jean-Jacques.

Quelles histoires !
gascogne 1Il nous commente, devant le portrait d’Henri IV, un aperçu de l’histoire de ce Roi en pays d’Albret (dont il prétend être né de sa cuisse gauche…) puis nous fait le détail du déroulement de notre semaine avec un humour qui promettait déjà de bons moments de rire, ce qui s’est confirmé par la suite. Puis, nous le suivons à pied pour une balade matinale au petit hameau proche de Lausseignan. Notre attention est attirée par la présence d’un arbre ancien : le chêne-liège. Notre accom-pagnateur nous raconte l’histoire de cet arbre aujourd’hui rare en Gasgogne, mais qui fut par le passé une grande activité et la richesse de la contrée, grâce à son écorce utilisée pour la fabrication des bouchons, puis pour d’autres usages variés (isolation, décoration, etc.). Il disparut de la région à cause d’un insecte xylophage qui décima les futaies. L’après-midi sera consacré à la découverte d’une petite ville riche d’histoire, Nérac (photo), qui mérite que l’on s’y attarde, de par sa beauté et aussi ses anciens habitants célèbres. D’abord, la présence d’Henry d’Albret, Roy de Navarre qui y vécut avec son épouse, Marguerite d’Angoulême dans leur château seigneurial qui domine la rivière Baïse. Ce personnage ordonna la création d’un jardin d’agrément : le parc Royal de la Garenne (appelé plus tard le Vert-Galant tant l’activité galante semblait y être intense…). Son épouse Marguerite s’y promenait : elle pouvait jouir d’un lieu de plaisance où furent érigées des fontaines et sculptures, une tour octo-gonale ainsi que le pavillon des Bains du Roy qui accueillait les belles dames qui se baignaient dans la Baïse. Nos regards sont attirés par la présence d’une nymphe allongée au bord d’une fontaine : la belle Fleurette de Nérac, fille du jardinier du Roi, qui se laissait conter par le coquin Henri de Navarre. Leur histoire fut courte car le roi dut se rendre à Paris pour épouser la reine Margot. Fleurette va patienter et at-tendre Henri qui ne viendra jamais la revoir. Aujourd’hui, le Parc de la Ga-renne d’évocation Renaissance ne représente plus qu’un dixième des jardins du XIVe siècle. Il contient une quantité d’espèces d’arbres et buissons qui abritent les vestiges de l’époque royale. C’est un lieu de promenade très fréquenté. Henry de Navarre fut remplacé au château par son petit-fils, le futur Henri IV, Roi de France qui y vécut plusieurs années. D’autres célébrités ont séjourné à Nérac : le baron Haussmann, sous-préfet du Lot-et-Garonne qui fit édifier le Pont sur la Baïse ainsi que de nombreux axes routiers en pays d’Albret. Armand Fallières, maire de Nérac et Président du Conseil Général développa le réseau ferré permettant d’ouvrir le pays d’Albret sur les Landes, puis devint Président de la République de 1906 à 1913. Et on n’oublie pas George Sand qui séjourna régulièrement au château de Guillery, propriété de son beau-père en pays néracais.
Le lundi, notre guide Bénédicte nous conduit au Moulin des Tours de Bar-baste, impressionnantes par leur hauteur. Ce bâtiment fortifié du XIIIe siècle, a abrité par la suite un moulin à grande roue qui a fait la fortune de M. Antonin Bransoulié : il expédiait la farine en Amérique. IL reste sa très belle maison avec jardin bordant la rivière Gélise et des façades « en faux semblant » construites en contrefort de la falaise d’en face. La Gélise (qui se jette ensuite dans la Baïse) est surplombée d’un magnifique pont roman, permettant la liaison entre la Gascogne et le pays landais. Au Moyen-Age, ce pont très fréquenté par les marchands faisait l’objet d’un péage. L’après-midi, Bénédicte nous fait découvrir la ferme de Gagnet à Mézin et déguster le foie gras artisanal (petit élevage en liberté) et le fameux floc de Gascogne (vin avec de l’Armagnac maison).

Foie gras et pruneaux
gascogne 2Le mardi, nous visitons la petite ville de Condom (au nom ambigu… qui se prononce Condon). On découvre, sur le parvis de la cathédrale St-Pierre, des statues géantes représentant d’Artagnan et ses trois mousquetaires. Photo oblige ! Puis la guide nous emmène dans cette cathédrale à l’aspect extérieur austère et qui nous réserve des surprises à l’intérieur, par sa clarté surprenante et ses décors gothiques. Et… Les restes d’un cloître attenant à la cathédrale, recouvert d’une immense bâche en forme de parapluie. Nous finirons cette matinée à Larressingle par une promenade guidée dans ce très beau village fortifié appelé « la Petite Carcassonne du Gers ». Déjeuner dans une auberge gasconne en plein soleil ! On termine la balade par Montréal du Gers, première bastide gasconne aux maisons arcades. Le mercredi, on aura le choix entre le marché de Lavardac et les cours de cuisine de Cédric qui nous montre la fabrication du foie gras mi-cuit et de quelques friandises. Lors de nos dé-placements, nos guides nous précisent que la Gascogne est une région de cultures (maïs, sorgho, soja, lé-gumes, …), de vignobles (le Buzet), de fruits de toutes sortes, et surtout productrice de semences. Le jeudi, on retrouve notre accompagnateur-clown… Jean Jacques qui nous emmène…. tenez-vous bien… à la capitale des Menteurs : Moncrabeau. Et oui, y’avait un monde…. Ça sortait de partout…Il était à son aise, le gai luron. Il nous a fait connaître tous les coins et recoins où il y a gascogne 3des menteries, et même ses copains complices qui vivent au rythme d’histoires à dormir debout ! Ensuite, il nous a rempli la tête des bienfaits des pruneaux…. Ça guérit beaucoup de maux ! On y arrive à cette ferme de fabrication du fameux pruneau d’Agen. Après, il a tenu à nous faire visiter, à St-Pierre de Buzet, une palombière en plein bois : là où les chasseurs attrapent les oiseaux au filet pour les percher attachés en haut des arbres…. M’ouais…. Très bavard, il avait dû garder quelques menteries dans un coin de sa tête ! Le vendredi, Bénédicte nous accompagne à Agen : on passe près du Pont-Canal, puis on déambule dans le quartier médiéval aux belles façades à colombage. Lors de la visite de la cathédrale St-Caprais, Bénédicte nous interprète a capella « Amazing grace » qui s’amplifia comme un écho grâce à l’excellente acoustique du chœur. Moment d’émotion. Notre séjour se termine à Vianne (photo) avec sa bastide fondée par le Sieur Jourdain de L’Isle.
Notre séjour s’achève et…. nous re-partons, après avoir emmagasiné un tas d’agréables plaisirs : celui de la table du centre de vacances, excellente, son personnel bien complice et avenant, les soirées animées tantôt par Jean Jacques, tantôt par Chouchou (les piliers de la bonne humeur), notre gentil chauffeur Thierry, notre guide érudite Bénédicte et la bonne ambiance du groupe.
Marcelle Burban